La vie est belle

Peur quand tu nous tiens !

« Ma fille vient des étoiles »

Ce texte est un extrait de mon livre à paraître « Ma fille vient des étoiles ».

Souvent, nous avons tendance à sous-estimer l’importance des messages symboliques délivrés dans nos rêves. Cela est bien dommage, car c’est quand on dort et que notre mental est sur pause que cette intelligence différente peut enfin s’exprimer. Dans ce texte, « maman » doit trouver le courage de dépasser ses peurs. On lui montre combien elle est forte et que si elle ose aller de l’avant alors ses démons n’auront plus de prise sur elle ! Enfin libérée, elle se métamorphosera et son entourage également.

Et vous, que vous disent vos rêves ?

Bonne lecture !

Cette nuit-là, Maman fit un rêve très symbolique :

Elle portait dans ses bras un petit être que la lune lui avait confié, en lui signifiant qu’elle devait absolument le protéger et l’aider à grandir. Les deux seules choses dont elle avait besoin pour ça étaient de l’eau et de l’Amour. Quand Maman souleva la couverture, elle y vit une sorte de petite chenille qui semblait extrêmement frêle et fragile. Elle n’était pas très belle et ne respirait pas la santé. Malgré tout, un incroyable courant électrique traversa immédiatement Maman de part en part et fit vibrer toutes ses cellules. Cette onde sembla allumer une partie d’elle qui jusqu’à présent était endormie !

Elle portait cette chenille lovée contre son cœur, à l’abri dans une espèce de chrysalide qui laissait à peine passer les rayons de ce beau soleil de printemps. La matière du cocon était tellement épaisse et solide que rien ne semblait pouvoir l’atteindre, ni le froid, ni le regard des autres, ni la lumière ou la douce et enivrante odeur des herbes en cette saison.

Toutes deux étaient suivies par des êtres étranges, mi-hommes, mi-démons.

Ceux-ci n’étaient pas réellement agressifs, mais leur aspect et leur attitude ne laissaient rien présager de bon quant à leur intention.

Maman et sa protégée devaient absolument se rendre à la fontaine afin de pouvoir étancher leur soif et prendre des forces pour continuer. Malheureusement à chaque fois que Maman faisait mine de s’engager sur le chemin menant au bassin, les créatures lui barraient la route en grognant. Elles cherchaient à lui voler son trésor (certainement pour le dévorer !) et à planter leurs crocs acérés dans leurs chaires.

Maman restait figée, muette, incapable de faire quoi que ce soit, sinon reculer et pleurer. Allait-elle fuir une fois de plus ou alors faire face et affronter ses peurs ?

La petite chenille, elle, s’agitait dans son cocon. Elle émettait un bruit sourd, sorte de râle, témoin de ses difficultés de plus en plus importantes à respirer, à vivre. Maman ressentait l’urgence de la situation, mais au fur et à mesure qu’elle battait en retraite, les monstres étaient plus nombreux. Ils arrivaient de toute part, lui barrant toutes les issues et l’encerclant. Elles allaient mourir là, sans avoir rien vécu de leur vie !

Soudain montant de l’intérieur de ses entrailles, une énergie presque surhumaine réveilla la zone de son cœur qui avait vibré quand la lune lui avait remis ce présent ; une envie de vivre et de donner la possibilité à cette chenille de grandir l’envahit.

A cet instant, elle se sentait forte, plus forte que tous ces démons ! Elle se retourna d’un coup ; poussant un cri guttural et libérateur ! Leur faisant face et les toisant de tout son être, nouvellement habité par une incroyable puissance elle leur dit :

« Partez, sinon, vous aurez à craindre ma colère, vous ne me faites plus peur, l’Amour que j’ai pour ce petit être me rend invincible et rien ne peut arrêter ma détermination ; je ne vous crains pas, vous n’existez pas, je le sais ! Disparaissez à tout jamais de ma vie, je vous l’ordonne ! » Joignant le geste à la parole, elle rassembla tout son courage et avança sans se retourner, certaine que si elle n’écoutait pas ses peurs, alors ces êtres malveillants n’auraient plus aucun pouvoir sur elle !

Elle marcha donc jusqu’à la fontaine, prête à affronter, si nécessaire, quelques démons plus coriaces que les autres. Rien, ils s’étaient entièrement désagrégés, ne laissant, comme seule preuve de leur passage, qu’une boue collante et brunâtre.

Rassurée et très fière d’elle, Maman se pencha sur le bassin. Une eau cristalline dans laquelle se reflétaient les rayons du soleil l’y attendait.

Elle fit comme un petit récipient avec la paume de sa main et la plongea dans l’eau fraîche et pure. Sa petite protégée devait boire, car cet épisode l’avait grandement éprouvé ! Goutte après goutte, et avec beaucoup de difficultés et d’amour, elle tenta tant bien que mal de la réhydrater. Elle paraissait extrêmement faible et semblait ne plus avoir aucune force. Maman ne pouvait se résigner à abandonner. Elle n’avait pas fait tout cela pour laisser tomber maintenant.

Elle lui susurrait des mots doux au creux de l’oreille pendant qu’elle lui humidifiait ses petites lèvres desséchées par la chaleur de son habitacle de fortune. Maman ne savait plus comment s’y prendre. Elle prit quand même le temps d’étancher sa propre soif et alla s’installer quelques instants au pied d’un magnifique tilleul. L’ombre prodiguée par le feuillage leur offrait une fraîcheur inespérée et un parfait refuge. Maman continuait de bercer le petit être.

Fatiguée par toutes ces émotions, elle finit par s’assoupir. Quand elle reprit conscience, le soleil était au plus bas et la lune, elle, était réapparue dans le ciel. Une étrange lumière éclairait la nature, une luminosité, très particulière, que l’on peut observer quand le jour n’est pas totalement mort et que la lune est déjà visible. La rencontre des deux astres donnait une impression surnaturelle à ce moment de la journée et à ce lieu. Les blancs semblaient scintiller alors que les ombres devenaient de plus en plus noires. Instant fugace et magique, crée par ces quelques minutes où le jour laisse sa place à la nuit.

Maman devait reprendre sa route. Elle n’avait aucune idée de sa destination, mais elle devait continuer à avancer sur le chemin de la vie. Elle n’osait pas soulever le bord de la couverture de peur de découvrir un petit être sans vie ! Pourtant, elle devait prendre son courage à deux mains et jeter un œil. Elle n’y arrivait pas !

C’est alors que sous ses doigts engourdis elle sentit un frémissement, presque imperceptible d’abord, puis un autre plus vigoureux celui-là ! Elle se pencha sur le cocon, et écarta doucement une des pointes du tissu. Quelle surprise ! Au lieu d’y trouver la petite larve mal en point, elle vit une grande et belle chenille, pleine de vie, en la regardant un peu mieux, elle devina dans son dos, la naissance de ce qui ne pouvait être que deux magnifiques ailes !

Crédit photo : Stéphanie Rivière 

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